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L’Éléphant met en place des échanges de contenus avec d'autres magazines en ligne qu'il suit, lit, aime.

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1EPOK FORMIDABLE, C’est la plume vive d‘Anne Éveillard, ce sont des portraits que vous ne lirez nulle part ailleurs (Êtres singuliers), des chroniques et des morceaux de vie citadines.

IMMERSION IMMÉDIATE

ANNE EVEILLARD

 

Le virtuel ne lui fait pas peur. Au contraire. A 85 ans, la maison Pierre Frey aime l’innovation, la nouveauté. Elle sait s’adapter, inventer, oser. Et ce depuis trois générations. Alors le projet d’expo pour les Journées du patrimoine de septembre dernier, pas question de l’abandonner à cause de la crise sanitaire. Face à l’ennemi, il faut résister ! La parade a donc été de concevoir une version digitale en mettant en scène une partie des archives de la maison. Des archives bien à l’abri, dans une pièce quasi secrète, où il faut un code pour ouvrir la porte. Celle qui en détient la combinaison s’appelle Sophie Rouart. Historienne de l’art, spécialisée dans le textile, elle est entrée chez Frey en 2003 pour créer le département « patrimoine ». Son job d’avant ? « J’étais assistante de conservation au musée de la Toile de Jouy. »

On en prend plein la vue et c’est bien fait pour nous…

« Paris 1900. L’Art Nouveau, richesse méconnue du patrimoine Pierre Frey » : c’est le thème de la première expo virtuelle et immersive de l’éditeur de tissus, papiers peints, tapis et pièces de mobilier. Un parti pris original mené avec pertinence et un goût très sûr, à travers l’évocation des maisons Braquenié et Le Manach – à l’origine des Toiles de Tours -, fondées respectivement en 1824 et 1829, désormais sous pavillon Pierre Frey. Une quarantaine d’œuvres, projets de tapis, étoffes, photos, cartes postales… s’affichent sur l’écran. Le parcours est fluide, intuitif, participatif. On zoome sur un détail. On s’attarde sur un autre. Puis il suffit d’un clic pour tout savoir de l’histoire qui se cache derrière tel motif japonisant, telle gouache pour tapis, tel velours ciselé… « Avec le virtuel, on peut montrer des textiles dont l’état de conservation ne permettrait pas une installation ou un accrochage », souligne Sophie Rouart. Alors on en prend plein la vue et c’est bien fait pour nous. Surtout que durant cette période Art Nouveau, les artistes s’affranchissent des codes esthétiques du passé : chacun fait ce qui lui plaît ! Formes organiques ou géométriques, tonalités claires ou foncées, tout est possible.

25 000 références recensées dans les rayonnages, boîtes et tiroirs

La prochaine expo ? Celle qui règne sur les archives de la maison Frey aimerait qu’elle soit « à la fois réelle et virtuelle » et que ces deux versions se complètent, se tutoient, bref dialoguent entre elles. Le thème ? Il n’a pas encore été choisi. Mais les idées ne manquent pas, car pas moins de 25 000 références sont recensées dans les rayonnages, boîtes et tiroirs de la pièce au code secret. Des références parfois oubliées, mais que certains connaisseurs font rééditer. A l’instar de ce client qui a craqué sur le tissu des meubles d’été de Louis XVI, retissé en 1904 par Le Manach : il en a fait des rideaux.