EN EXPOSITION DANS CE NUMÉRO :

Habitats éphémères - Vivre dans les bois 

Avoir un toit c’est un droit ! 

D’accord c’est ce qu’il paraît, mais qu’est ce qu’un « toit » veut dire ? 

 

Petit Robert :

Toit  - 1. Surface supérieure d’un édifice, agencement approprié de matériaux recouvrant une construction et la protégeant des intempéries. Citation poétique : « Le ciel est, par-dessus le toit, si bleu si calme ! »  (Verlaine)

-2. Maison, abri où l’on peut vivre, domicile, logement  « Posséder un toit,  être sans toit »…

 

Voilà bien des explications précises et concrètes, mais aujourd’hui avoir un toit n’est plus un droit, une simple surface pour se protéger des intempéries est devenue illicite, une loi a été votée pour contrôler et expulser toute sorte d’habitats précaires.

La loi LOPPSI 2 permet aujourd’hui effectivement d’expulser à merci  les habitants installés de manière « Illicite »  c’est à dire sans titre de propriété, et cela sans autre forme de procès, de façon expéditive par le préfet sans avoir recours à un juge. 

Cette loi vise tout habitat de fortune, les raisons invoquées sont notamment que « ces habitations constituent de graves risques pour la salubrité et la tranquillité publique »

 

Depuis plusieurs années j’ai vu s’installer dans le bois de Vincennes des habitats précaires, on dit des SDF, sous entendu des clochards, or ce que je voie ce sont des installations qui tentent de construire un semblant de « normalité ». Avec humour même certains décorent  leur petit espace vital.

Certains de ces habitats éphémères ont déjà été expulsés,  parfois on plante des arbrisseaux à leur place pour éviter une nouvelle installation illicite. 

 

J’ai pratiquement toujours trouvé ces maisons sans leurs habitants, ils partent  la plus part travailler, d’autres passent la journée au chaud dans le métro. Ces photos sont souvent sans eux,  j’ai souvent en m’approchant senti une gêne, comme si je pénétrai l’espace vital d’un autre sans son accord, là était leur manière de vivre, d’étendre leur linge, de fêter Noël, de maintenir avec un balai et un paillasson leur maison propre, de se regarder dans la glace pour se coiffer.  J’ai essayé de faire ces photos avec le plus grand respect possible, ne cherchant jamais le misérabilisme car j’ai toujours senti qu’au contraire, leur désir était de rendre accueillante leur « demeure ».